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G1 ou G2 : quelle étude de sol pour votre projet ?
Vente d’un terrain, construction, extension, fissures : la norme NF P 94-500 prévoit une mission pour chaque situation. Comment choisir entre G1 et G2, qui paie, combien de temps c’est valable.
« Il me faut une étude de sol » : la phrase est la même chez le vendeur pressé par son notaire et chez le couple qui fait construire. Pourtant, ce ne sont pas les mêmes études. La norme NF P 94-500 (novembre 2013), à laquelle renvoie l’arrêté du 22 juillet 2020, découpe l’ingénierie géotechnique en missions successives. Voici comment s’y retrouver.
La G1 : connaître le site avant de vendre
La G1, étude géotechnique préalable, comporte deux phases : l’étude de site (ES), qui construit un premier modèle géologique à partir des documents, d’une visite et de reconnaissances, et les principes généraux de construction (PGC), qui identifient les risques majeurs (retrait-gonflement, eau, remblais, sismicité) et les grandes familles de solutions.
Elle ne connaît pas encore le projet : elle décrit le terrain. C’est pour cela que la loi Élan l’a choisie comme pièce à annexer à la vente d’un terrain constructible en zone d’exposition moyenne ou forte (art. L132-5 du CCH). Elle est valable 30 ans si le sol n’a pas été remanié (art. R132-6).
La G2 : concevoir les fondations d’un projet précis
La G2, étude géotechnique de conception, part du projet : implantation, emprise, niveaux, sous-sol, charges. Elle se divise en deux phases :
la G2 AVP (avant-projet) établit le modèle géotechnique du terrain au droit de la maison, les principes de fondations (type, niveau d’assise), les dispositions contre le retrait-gonflement et la gestion des eaux ;
la G2 PRO (projet) va jusqu’au dimensionnement : notes de calcul selon l’Eurocode 7 et la norme NF P 94-261, spécifications d’exécution que l’entreprise doit respecter. Elle n’est possible qu’après la G2 AVP.
Pour une maison courante sans sous-sol, la G2 AVP suffit le plus souvent ; le constructeur ou le bureau de contrôle demande la G2 PRO dès que le projet ou le sol se complique. La G2 n’est valable que pour le projet pour lequel elle a été réalisée : si la maison ou son implantation changent, il faut l’actualiser.
Et les autres missions ?
G3 : étude et suivi géotechniques d’exécution, pour l’entreprise, pendant les travaux ;
G4 : supervision géotechnique d’exécution, pour le maître d’ouvrage, indépendante de la G3 ;
G5 : diagnostic géotechnique, pour comprendre un désordre (fissures, affaissement) ou lever un doute ponctuel.
Qui commande, qui paie ?
La réponse tient à la loi : la G1 est fournie par le vendeur ; la G2 relève du maître d’ouvrage, c’est-à-dire de celui qui fait construire, ou du constructeur avec son accord (art. L132-6 et L132-7). En pratique, commander la G2 vous-même avant de signer le contrat de construction est la meilleure option : le constructeur intègre les fondations réelles dans son prix ferme au lieu de les traiter en avenant.
Obligatoire ou pas ?
La G1 est obligatoire pour vendre un terrain non bâti constructible en zone moyenne ou forte (depuis le 1er octobre 2020 pour les contrats concernés, et selon la carte 2026 depuis le 1er juillet 2026). La G2 ne l’est pas au sens strict : le constructeur peut, à la place, appliquer des techniques particulières de construction fixées par arrêté. Mais ces techniques forfaitaires sont contraignantes et coûteuses, et constructeurs, assureurs dommages-ouvrage et bureaux de contrôle exigent la G2 dans la quasi-totalité des cas.
Que se passe-t-il concrètement ?
Dans les deux cas, nous commençons par le dossier : cartes géologiques, Géorisques, photographies aériennes, historique de la parcelle. Puis vient le terrain. Pour une G1, un sondage de reconnaissance et une visite suffisent en général ; pour une G2, deux sondages à la tarière au minimum, des essais au pénétromètre dynamique au droit de la future maison, le relevé du niveau d’eau et, si les argiles le justifient, des essais de laboratoire. Le rapport signé arrive sous 15 jours ouvrés après l’intervention.
Combien ça coûte ?
Chez CST, la G1 Loi Élan est proposée à partir de 590 € TTC et la G2 AVP à partir de 750 € TTC pour une configuration de base explicite ; la G2 PRO et les cas particuliers sont chiffrés sur devis. Si vous êtes à la fois vendeur puis acquéreur d’une même parcelle, ou si votre terrain dispose déjà d’une G1, dites-le-nous : la G2 en tient compte et coûte moins cher.
En résumé
Vous vendez un terrain constructible : G1 ES/PGC.
Vous faites construire, agrandissez ou surélevez : G2 AVP, puis G2 PRO si le projet ou le contrôleur le demande.
Vos murs se fissurent : G5, puis G2 pour dimensionner la reprise.
Vous suivez un chantier : G3 côté entreprise, G4 côté maître d’ouvrage.
Sources : norme NF P 94-500 (novembre 2013) ; arrêté du 22 juillet 2020 définissant le contenu des études géotechniques ; CCH art. L132-4 à L132-9 et R132-3 à R132-8.
Julien Wahl — Maître Géologue et Géotechnicien, CST Géotechnique Immobilière, Schiltigheim.
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